La France compte 174 614 PME hors microentreprises en 2023 selon l'Insee, sur 5,18 millions d'entreprises du secteur marchand non agricole et non financier. En ajoutant les 5 millions de microentreprises, le nombre de PME en France dépasse 5,1 millions : tout dépend de la définition retenue.
Mis à jour le 29 octobre 2026, d'après l'Insee Focus n° 372 paru le 10 décembre 2025 (données de l'année 2023, source Ésane).
Les chiffres clés de l'Insee sur les catégories d'entreprises en 2023
Le décompte officiel des entreprises françaises par taille provient de l'étude « Le tissu productif français par catégorie d'entreprises en 2023 », publiée par l'Insee en décembre 2025. Sur le champ des entreprises marchandes hors secteurs agricoles et financiers (holdings, exploitations forestières et auxiliaires financiers compris), l'institut recense 5 178 283 entreprises, ainsi réparties :
- 4 995 894 microentreprises (MIC), soit près de 5 millions de très petites structures ;
- 174 614 PME hors microentreprises, de 10 à 249 salariés ;
- 7 442 entreprises de taille intermédiaire (ETI) ;
- 333 grandes entreprises (GE).
Sur ce même champ, ces entreprises emploient 15,87 millions de salariés en équivalent temps plein (EQTP) et produisent 1 472,7 milliards d'euros de valeur ajoutée hors taxes. Les PME hors microentreprises y occupent 4,64 millions de salariés en EQTP et dégagent 335,8 milliards d'euros de valeur ajoutée.
La réponse courte à la question « combien de PME en France ? » est donc double : 174 614 si l'on suit la nomenclature statistique de l'Insee, qui isole les microentreprises dans une catégorie à part, et 5 170 508 si l'on additionne microentreprises et PME, comme le fait la définition juridique européenne de la petite et moyenne entreprise. Les deux chiffres circulent dans la presse économique, rarement avec leur périmètre.
Définition d'une PME : les seuils de la loi de modernisation de l'économie
La définition d'une PME en France découle de l'article 51 de la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 et de son décret d'application n° 2008-1354 du 18 décembre 2008. Ce texte crée quatre catégories d'entreprises, fondées sur l'effectif, le chiffre d'affaires annuel et le total du bilan. Une entreprise entre dans une catégorie quand elle respecte le seuil d'effectif et au moins l'un des deux seuils financiers.
| Catégorie | Effectif | Chiffre d'affaires annuel | ou total de bilan |
|---|---|---|---|
| Microentreprise (MIC) | moins de 10 personnes | 2 millions d'euros au plus | 2 millions d'euros au plus |
| PME hors microentreprises | moins de 250 personnes | 50 millions d'euros au plus | 43 millions d'euros au plus |
| Entreprise de taille intermédiaire (ETI) | moins de 5 000 personnes | 1,5 milliard d'euros au plus | 2 milliards d'euros au plus |
| Grande entreprise (GE) | au-delà | au-delà | au-delà |
Le sigle TPE (très petite entreprise) n'apparaît pas dans le décret : l'usage courant le réserve aux structures de moins de 10 salariés, ce qui en fait l'équivalent pratique de la microentreprise statistique. Le sigle PMI (petite et moyenne industrie) désigne de son côté une PME du secteur industriel, sans seuil propre.
La microentreprise de l'Insee ne se confond pas avec le régime fiscal et social du micro-entrepreneur. Le premier terme désigne une taille d'entreprise, le second un statut juridique simplifié réservé aux entrepreneurs individuels. Sur le champ principalement marchand, l'Insee indique que 1,6 million des 4 042 715 microentreprises relèvent du régime du micro-entrepreneur. La catégorie de taille recouvre donc aussi des sociétés, des artisans au régime réel et des professions libérales.
Unité légale ou entreprise : pourquoi le répertoire Sirene donne un autre total
Le nombre d'entreprises publié par l'Insee ne correspond pas au nombre de numéros Siren immatriculés. Depuis le décret de 2008, l'entreprise statistique se définit comme « la plus petite combinaison d'unités légales » formant une unité organisationnelle de production de biens et de services. Une filiale, une société de moyens ou une holding d'un même groupe sont autant d'unités légales, mais forment ensemble une seule entreprise au sens économique.
Sur le champ principalement marchand non agricole et non financier, l'Insee dénombre ainsi 4 539 969 unités légales pour 4 214 050 entreprises en 2023. Le profilage des groupes fait surtout baisser le nombre de grandes entreprises et d'ETI : une seule GE peut regrouper des centaines d'unités légales. Pour la même raison, la base Sirene, qui enregistre chaque unité légale immatriculée, y compris les unités sans activité réelle, affiche des totaux bien plus élevés que la statistique d'entreprise.
Un chiffre trouvé sur un site d'actualité ou dans un outil de prospection commerciale mérite donc une question avant toute utilisation : compte-t-il des unités légales du répertoire Sirene, des entreprises profilées par l'Insee, ou des établissements ? Selon la réponse, le nombre de petites entreprises peut varier de plusieurs centaines de milliers.
Ce que pèsent les PME dans l'économie française
Les PME hors microentreprises représentent 3,9 % des entreprises du champ principalement marchand, mais 29,1 % des salariés en EQTP, 21,3 % du chiffre d'affaires et 23,2 % de la valeur ajoutée en 2023. Le tableau suivant reprend la figure 2 de l'étude de l'Insee, sur ce champ de 4 214 050 entreprises.
| Catégorie | Entreprises | Salariés EQTP | Chiffre d'affaires | Valeur ajoutée | Export |
|---|---|---|---|---|---|
| Microentreprises | 4 042 715 (95,9 %) | 17,0 % | 12,0 % | 16,3 % | 2,0 % |
| PME hors MIC | 163 992 (3,9 %) | 29,1 % | 21,3 % | 23,2 % | 10,4 % |
| ETI | 7 031 (0,2 %) | 25,8 % | 29,7 % | 26,4 % | 29,9 % |
| Grandes entreprises | 312 | 28,1 % | 37,0 % | 34,1 % | 57,7 % |
Les PME emploient donc davantage de salariés que les grandes entreprises (4,32 millions d'EQTP contre 4,17 millions sur ce champ), mais exportent beaucoup moins : 99,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'export, contre 548,5 milliards pour les seules 312 grandes entreprises. Les ETI et les GE, qui ne forment que 0,2 % des entreprises, réalisent les deux tiers du chiffre d'affaires du système productif français.
Une PME moyenne en chiffres
Rapportés au nombre d'entreprises, les totaux de l'Insee dessinent le profil d'une PME moyenne en 2023 : environ 26 salariés en équivalent temps plein, 6,4 millions d'euros de chiffre d'affaires et 1,9 million d'euros de valeur ajoutée. Ces moyennes s'obtiennent en divisant 4 323 900 salariés divisés par 163 992 PME, 1 054,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires divisés par le même nombre. À titre de comparaison, une microentreprise emploie en moyenne 0,6 salarié en EQTP, beaucoup n'en ayant aucun en dehors du dirigeant, et une grande entreprise plus de 13 000.
Cette moyenne masque une forte dispersion : une PME de commerce de gros de 15 salariés et une PMI de 200 personnes relèvent de la même catégorie. Elle donne pourtant un ordre de grandeur utile, par exemple pour situer une société dans son secteur ou calibrer un budget, comme le montant des cadeaux d'affaires à prévoir par salarié en fin d'année.
Des PME surtout indépendantes et françaises
Les PME françaises restent très majoritairement indépendantes ou rattachées à un groupe de sociétés uniquement françaises : selon l'Insee, moins d'une PME sur dix appartient à une multinationale. Le contraste avec les catégories supérieures est net. Les ETI appartiennent pour 53 % d'entre elles à un groupe multinational, et les grandes entreprises presque toujours, française dans 68 % des cas et étrangère dans 29 %.
Dans quels secteurs d'activité travaillent les PME ?
Le commerce rassemble 26 % des PME hors microentreprises, l'industrie 16 % et la construction 16 %, d'après l'étude Insee 2023 ; les services marchands en regroupent plus de 37 %, transports compris. La figure 3a de la publication précise ces proportions en nombre d'entreprises : 26,1 % pour le commerce, 15,5 % pour l'industrie et 15,8 % pour la construction.
Le poids économique ne suit pas toujours le nombre. Le commerce génère 41 % du chiffre d'affaires des PME mais seulement 23 % de leur valeur ajoutée, car l'achat-revente de produits gonfle le chiffre d'affaires sans créer autant de richesse que la production. À l'inverse, les PME de services aux entreprises (conseil, ingénierie, informatique, logiciel) dégagent une valeur ajoutée élevée par rapport à leurs ventes.
Les secteurs exclus du champ comptent aussi : les exploitations agricoles et les sociétés financières (banques, assurances) n'entrent pas dans ces statistiques. Une recherche sur le nombre total d'entreprises agricoles, par exemple, relève d'autres sources, comme le recensement agricole du ministère de l'Agriculture.
Comment évolue le nombre de PME en France ?
Le nombre de PME hors microentreprises progresse lentement : 158 566 en 2021 selon l'édition 2023 de l'ouvrage « Les entreprises en France », puis 163 992 en 2023 sur le même champ principalement marchand, soit une hausse d'environ 3,4 % en deux ans. Leur poids dans l'emploi reste stable : 29,0 % des salariés en EQTP en 2021, 29,1 % en 2023.
Cette stabilité tient à un mécanisme de passage d'une catégorie à l'autre. Chaque année, des microentreprises franchissent le seuil de 10 salariés et deviennent des PME, tandis que des PME en forte croissance rejoignent les ETI. La création d'entreprises, elle, alimente surtout la base de la pyramide : la grande majorité des entreprises créées démarrent sans salarié, souvent sous le régime du micro-entrepreneur, ce qui gonfle le nombre de microentreprises bien plus que celui des PME.
Les chiffres disponibles en 2026 décrivent l'année 2023 : l'Insee travaille sur les comptes définitifs des entreprises, ce qui impose un décalage d'environ deux ans entre l'exercice observé et la publication. La photographie de l'exercice 2024 suivra le même calendrier. Pour une tendance plus récente, la Banque de France publie de son côté un suivi mensuel des défaillances d'entreprises, ventilé par taille, et l'Insee un relevé mensuel des créations. Le taux de croissance d'une catégorie se lit donc sur deux sources complémentaires : la photographie structurelle, en retard de deux ans, et les indicateurs conjoncturels, plus récents mais moins détaillés.
Ce que disent ces chiffres sur le tissu productif
Le tissu productif français repose sur une pyramide très large à la base et très étroite au sommet. Les PME et les microentreprises forment 99,8 % des entreprises et emploient près de la moitié des salariés du champ, mais la création de valeur et l'export restent concentrés dans quelques milliers d'ETI et quelques centaines de grandes entreprises.
Plusieurs lectures en découlent :
- L'emploi local dépend largement des PME, présentes dans tous les territoires, alors que les GE concentrent leurs effectifs dans les grandes métropoles et les sites industriels ;
- La compétitivité à l'export repose sur les ETI et les GE : 10,4 % seulement du chiffre d'affaires à l'export vient des PME ;
- Le « chaînon manquant » souvent évoqué par les rapports publics désigne ce faible nombre d'ETI comparé aux PME : 7 442 ETI pour 174 614 PME en 2023, soit environ une pour vingt-trois.
Ces constats nourrissent les politiques publiques de soutien à la croissance des PME (accès au financement, transmission d'entreprise, simplification des obligations liées aux seuils d'effectif). Les dispositifs concrets changent souvent ; la date de mise à jour d'une aide ou d'une obligation se vérifie sur la source officielle avant toute décision.
Où trouver et vérifier ces données soi-même
Les données de l'Insee sur les catégories d'entreprises sont accessibles gratuitement sur insee.fr. Chaque publication propose les figures en téléchargement, au format tableur, dans un onglet dédié sous le texte : il suffit de les ouvrir dans un logiciel de type Excel ou LibreOffice pour refaire les calculs, filtrer un secteur ou comparer deux années. Trois ressources couvrent l'essentiel :
- L'Insee Focus n° 372 (décembre 2025), pour la répartition par catégorie en 2023 ;
- L'ouvrage « Les entreprises en France », collection Insee Références, avec ses fiches thématiques par secteur et par taille ;
- Le répertoire Sirene, consultable sur l'annuaire des entreprises de l'État, pour vérifier l'existence d'une société, son numéro Siren, son activité principale et sa tranche d'effectif déclarée ; une question sur une publication se pose au service de contact de l'Insee.
La catégorie d'une société précise n'est pas publiée dans Sirene : elle se calcule à partir de l'effectif, du chiffre d'affaires et du bilan, en tenant compte des liens avec d'autres sociétés du groupe. Avant de répondre à un appel d'offres ou de solliciter une aide réservée aux PME, le dirigeant fait confirmer ce statut par son expert-comptable, seul à disposer des comptes consolidés et des participations qui peuvent faire basculer une société en ETI. Ce calcul fait partie des notions travaillées en BTS comptabilité et gestion, au même titre que la lecture d'un bilan.
Pour un créateur, ces statistiques servent surtout de repère : connaître le nombre de concurrents dans son secteur, le poids des PME dans sa filière ou la taille moyenne des entreprises existantes aide à construire un plan d'affaires réaliste. D'autres questions de lancement, comme trouver un nom de marque pour une startup, se posent en parallèle ; l'ensemble des sujets de création et de gestion est regroupé dans la rubrique Entrepreneur.
Le décompte des PME françaises en cinq questions
Quel est le nombre total de PME en France ?
L'Insee recense 174 614 PME hors microentreprises en 2023 sur le champ marchand non agricole et non financier. En incluant les 4 995 894 microentreprises, qui sont aussi des PME au sens de la définition européenne, le total atteint 5 170 508 entreprises.
Quelle différence entre une TPE et une PME ?
Une TPE compte moins de 10 salariés et au plus 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de bilan : elle correspond à la microentreprise de l'Insee. Une PME au sens strict emploie de 10 à 249 personnes, avec un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros au plus ou un bilan de 43 millions au plus.
Combien d'ETI compte la France ?
La France compte 7 442 ETI en 2023 selon l'Insee, sur le champ marchand non agricole et non financier. Elles emploient 4,1 millions de salariés en EQTP et produisent 377 milliards d'euros de valeur ajoutée.
Quel est l'impact des PME sur l'économie ?
Les PME hors microentreprises emploient 29,1 % des salariés en EQTP et produisent 23,2 % de la valeur ajoutée du champ principalement marchand en 2023. Leur contribution à l'export reste limitée à 10,4 % du chiffre d'affaires exporté.
Pourquoi les chiffres sur les PME diffèrent-ils d'une source à l'autre ?
Les sources ne comptent pas la même chose : unités légales de Sirene ou entreprises profilées, champ avec ou sans holdings, avec ou sans agriculture et finance, PME avec ou sans microentreprises. Un nombre sans son périmètre et son année ne permet aucune comparaison.

